La Nuit étoilée, Vincent Van Gogh (1889)

Huile sur toile, 74 × 92 cm, exposée au Museum of Modern Art de New-York (États-Unis)

Quand je vois ce cyprès animé d’une danse,

Je sens renaître en moi des souvenirs d’enfance.

Je connais ces volutes, cette brise d’air chaud

Qui, dans un geste tendre, vient caresser ma peau.

Je connais ces étoiles qui brillent de mille feux

Et ce croissant de lune qui illumine les cieux.

Je connais cette odeur de pin et de résine

Qui chaque été encore me ravit les narines.

Je connais les grillons, enfin, surtout leur chant,

Qu’on reproche aux cigales sans aucun fondement.

(Les cigales, en effet, ne chantent que le jour,

Mais je ne suis pas là pour vous donner un cours.)

Je connais également l’intense solitude

Dont Vincent, j’imagine, avait pris l’habitude.

Ce trouble lancinant, cette douleur profonde

De se sentir en marge face au reste du monde.

À force de rester à l’orée du village,

On finit entraîné dans un lointain sillage

Et cela prend du temps, du cran et de la chance

De recouvrer le goût de sa propre existence.

Vincent, as-tu trouvé la paix que tu cherchais ?

Sais-tu à quel point l’art a changé par ton biais ?

Comme quoi, il est futile de rentrer dans des cases :

Une plante coupée fane même dans un vase.

C’est en s’affranchissant des règles édictées

Qu’on parvient à s’ancrer dans la postérité.